economiealsacienneL’économie est, plus que tout autre sujet, l’action phare et juste pour l’échelon régional. La Région, élargie au Rhin supérieur, dans un contexte de mondialisation, pourra mieux répondre aux enjeux économiques.

OBJECTIF : adapter le tissu industriel alsacien aux évolutions économiques globales.

Cet objectif est à atteindre d’abord par la recherche de partenariats larges à valeur d’exemplarité avec les acteurs financiers régionaux, les structures socioéconomiques, consulaires, professionnelles, le tissu universitaire, les centres de recherches privés… pour lesquels la Région doit être un facteur fédérateur, de crédibilité, de soutien financier de principe et de garantie,

  • Des secteurs privilégiés d’intervention sont à définir avec les acteurs précités mais les champs de « l’éco construction », des énergies alternatives renouvelables, des activités liées à la méthanisation et à la gestion des déchets s’imposent.

La formation professionnelle intégrera ces finalités économiques, notamment par la création d’un institut universitaire spécifique pour les nouvelles technologies (énergies renouvelables, technologies/matériaux de construction), mais aussi par l’instauration de partenariats régionaux et transfrontaliers pour la recherche et le développement liés aux secteurs innovants relevant de « l’éco-économie » (ex : nouveaux carburants, chimie verte, énergie géothermique, …)

OBJECTIF : réduire les tracasseries administratives des entreprises.

Le quotidien d’une entreprise, notamment quand elle est de petite taille, est trop engorgé par les tracasseries administratives (comptabilités, formalités des entreprises, relations avec les organismes sociaux, multiples et complexes dossiers pour demander des aides, etc…).

  • La Région ouvrira un service à disposition des PME, PMI, TPE et TPI pour les accompagner dans leurs démarches. Elle proposera notamment la mise en place d’un interlocuteur unique et du « dossier unique » pour les demandes d’aides. C’est-à-dire que ce service guidera les entreprises vers les aides les plus pertinentes. Ce service constituera également un guide pratique à destination des entreprises visant à lister les différentes variantes de dossiers auprès de tous les organismes susceptibles de les aider. L’objectif sera de faire de la Région un coordinateur des aides aux entreprises disponibles auprès des institutions publiques de sorte qu’à terme, en fonction des projets, l’entreprise puisse remplir un seul dossier d’aides que la Région « dispatchera » auprès de tous les organismes « aidant » (cf. les fonds Feder gérés par la Région Alsace, initiatrice d’une expérimentation dans ce domaine). Ce service se veut médiateur pour éviter aux entreprises tous les problèmes administratifs qui peuvent les freiner dans l’accomplissement du cœur de leur métier qui est la production de biens et de services, la création de richesse, l’innovation, la création d’emploi… et pas de passer 20 ou 30 % de leur temps à répondre aux innombrables administrations et autres organismes.

OBJECTIF : éviter le saupoudrage et la distribution systématique et sans contrepartie des aides aux entreprises

Il n’est plus possible de poursuivre une politique de saupoudrage qui ne satisfait personne. Distribuer autant d’aides mais mieux ciblées et avec une efficacité plus grande : telle doit être la ligne directrice de l’aide économique.

  • Le soutien financier de la Région à toute opération ayant vocation à permettre un développement économique sera plus rigoureuse sur les critères d’attribution, et le respect de ces derniers (cette exigence impliquera une plus grande évaluation de l’usage des aides, avec un étalement du versement de la subvention et un versement d’un reliquat sous réserve de vérification que les objectifs auront été atteints).
  • Ces critères doivent évidemment être ceux de la création effective d’emplois pérennes, du respect de normes élevées en matière d’énergie (pour les bâtiments, dans le quotidien des process industriels) et du potentiel de production ayant un avenir et un débouché économique car durables - au sens du développement durable, c’est-à-dire ne mettant pas en péril une ressource naturelle, une matière première non renouvelable, ou le climat.

OBJECTIF : soutenir les économies du futur, locales et créatrices d’emploi.

  • La Région identifiera plus finement les secteurs et les entreprises exemplaires afin de les soutenir plus activement : entreprises locales créatrices d’emplois durables et non délocalisables, secteurs économiques du futur (par exemple, ceux qui répondent aux enjeux énergétiques).
  • Les économies du futur peuvent, paradoxalement, aussi être celles qui redéveloppent des métiers qui faisaient la richesse de notre région et qui peuvent être réinventés (transport fluvial, machine outil, services à la personne…).

delocalisation1OBJECTIF : agir contre les délocalisations.

  • La Région conditionnera les aides aux entreprises qui respectent les normes environnementales et sociales. Pour favoriser les emplois non-délocalisables, la Région fera la promotion des investissements socialement responsables (ISR) à travers une Banque Régionale d’Investissement Publique (voir point suivant). Dans certains cas, la Région pourra susciter la mise en place des Sociétés d’Économie Mixte (SEM) pour maintenir les secteurs d’activités stratégiques menacés par les délocalisations.

Par ailleurs des secteurs d’activité majeurs, comme la construction, offrent à la fois des garanties importantes de maintien d’emplois locaux, d’innovations technologiques (éco-constructions) et contribuent fortement au patrimoine architectural et touristique local ; ils seront donc prioritairement appuyés.

D’autres exemples (situation de la bière alsacienne qui, comparée avec la réussite des bières régionales de l’autre côté du Rhin, montre la possibilité de maintenir les productions régionales) démontrent la pertinence de nouvelles approches intelligentes comme outil de lutte contre la délocalisation des emplois.

  • La Région engagera une véritable réflexion stratégique dans ce domaine, en s’appuyant sur une expertise de niveau adapté comme sur les acteurs privés et socioéconomiques régionaux.

OBJECTIF : soutenir les petites entreprises locales à l’international

Pour les TPE/PME l’aide au développement à l’international est aussi une nécessité et la Région poursuivra et amplifiera le programme d’aides spécifiques engagées sous la Présidence d’Adrien Zeller, en le centrant sur les entreprises primo-exportatrices ; ainsi les coûts de prospection commerciale, le subventionnement à l’implantation, en lien avec les structures spécialisées (UBIFRANCE), les organismes consulaires, les conseillers du commerce extérieur devront être très activement soutenus.

Banque développement durable

OBJECTIF : créer une banque d’investissement publique régionale du développement durable.

Outre des partenariats avec les acteurs bancaires et financiers régionaux, la Région doit se doter d’un outil financier propre de niveau adapté. Il est légalement possible de créer une banque régionale d’investissement. Abondé en partie par la Région, son capital sera également ouvert à des investisseurs privés qui seraient désireux d’investir dans une structure qui fera le choix de l’économie locale et du développement durable. Ce fonds permettra :

  • des investissements (prise de capital) dans toute entreprise ou création d’entreprise investissant les solutions et les productions du futur (notamment sur les solutions « nouvelles énergies », « nouvelles mobilités », « numérique »…)
  • d’expérimenter des Fonds d’Investissement de Proximité (FIP) sur le territoire de la seule région Alsace, ainsi que créer des Fonds d’Investissement étendus aux Länder comme aux cantons du Rhin supérieur pour développer aussi à cette échelle plus large le capital-risque.
  • des prêts bonifiés aux TPE et TPI locales et familiales en difficulté dès lors que leur plan de redressement permet d’envisager une viabilité économique de moyen ou long terme.
  • des investissements dans de grandes infrastructures de transport (ferroviaire).
  • des prêts bonifiés pour toute opération d’amélioration du bâti, résidentiel et tertiaire (voir chapitre « énergie »).

OBJECTIF : mieux coordonner l’action économique à l’échelle régionale.

Depuis la loi du 13 août 2004, il est possible et souhaitable d’élaborer un schéma régional de développement économique, après concertation avec les départements, les communes et leurs groupements afin de coordonner les politiques économiques, promouvoir un développement équilibré de la Région et accroître l’attractivité du territoire.

Dans la perspective de la fusion départements-région, la Région doit être le chef de file de l’action économique au niveau de tout le territoire en s’appuyant sur les intercommunalités responsables notamment de l’urbanisme économique : offres de foncier et localisations adaptées et repensées en fonction des impératifs du développement durable (limitation de l’étalement et des trajets les plus polluants, connexions ferrées, insertion dans le tissu de la ville…).

Cette coordination doit aboutir à un plan régional pour l’économie régionale permettant d’identifier à la fois les entreprises locales créatrices de richesses et d’emplois durables et non délocalisables, et aussi les secteurs économiques du futur (par exemple, ceux qui répondent aux enjeux énergétiques).