L’élaboration d’un schéma régional de transport devient avec la loi du 13 août 2004 un “schéma régional des infrastructures et des transports”. La Région organise des services de transport routier non urbain des personnes et, depuis le 1er janvier 2002, est l’autorité organisatrice des transports ferroviaires de la Région.
OBJECTIF : simplifier l’offre de transports publics en Alsace.
Avec plus d’une dizaine d’autorités organisatrices des transports, le citoyen alsacien ne dispose pas d’une offre claire et facile en matière de transports publics.
- Dans chaque Pays, notamment ceux qui sont très ruraux, la Région financera un poste de conseiller en mobilité chargé d’informer les habitants des différentes offres de transports existantes sur le Pays et les connexions avec les territoires voisins. Ce conseiller assistera également les entreprises de son territoire pour leur Plan de déplacement d’entreprises. Un bureau à la Région coordonnera et mutualisera l’action de tous les conseillers en mobilités répartis sur le territoire.
- La Région finalisera rapidement la mise en place d’une carte orange régionale permettant d’offrir un abonnement unique à tous les transports publics présents sur la région. La Région proposera à ses voisins suisses et allemands de l’élargir à tout le réseau suisse et allemand.
- Afin de faciliter cette harmonisation, la Région opérera une coordination efficace et effective entre tous les opérateurs de transports publics. Outre l’harmonisation tarifaire qu’impliquera la création de la carte orange régionale, il sera également souhaitable de coordonner les horaires et les trajets et leurs communications communes auprès du public (communications qui disposeront donc des relais des conseillers en mobilité). A terme, il faudra viser la création d’une autorité organisatrice des transports unique à l’échelle régionale.
- Dans l’immédiat, la Région mettra en place un système d’information global (horaires, correspondances…) accessible aux usagers (site web) et intégrant toutes les modalités de transports en commun (dont le covoiturage) et leur tarification.
- La Région doit intégrer systématiquement les notions de confort et de facilité pour les usages des transports en commun (ex : embarquement des vélos dans les rames TER).
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OBJECTIF : faciliter les accès aux gares et stations de trains, tram et bus.
Si un certain nombre de lignes existantes apportent aujourd’hui satisfaction pour bien des habitants, de nombreux foyers et villages demeurent éloignés des gares et stations. La Région portera donc ses efforts aux solutions complémentaires des lignes structurantes :
- Covoiturage. Un site internet unique, reliant les éventuels sites locaux existants, sera mis en place par la Région. Techniquement, ce site veillera à rendre interconnectées les bases de données de sorte que les candidats au covoiturage soient en mesure de se mettre en relation d’un site vers un autre. Ce site proposera également aux habitants les dernières innovations ayant recours à la téléphonie portable, aux smartphones et aux GPS pour mettre en relation plus aisément deux candidats au covoiturage. Le site proposera également le paiement en ligne grâce auquel l’attractivité économique de la démarche sera augmentée pour le conducteur et le passager. La Région définira, en partenariat avec les collectivités et les entreprises des aires de stationnements et de points de rencontres judicieusement répartis sur des points de jonctions du réseau routier. Enfin, la Région aidera le financement des voies réservées aux véhicules contenant plus d’un passager sur les grands axes routiers ou autoroutiers de la région.
- Déjà présente dans plusieurs secteurs, la Région soutiendra les solutions de transports à la demande, notamment dans chaque vallée du massif. Ce transport à la demande s’opèrera au moyen de véhicules partagés et innovants, qu’ils soient électriques ou hybrides, exemplaires en termes de bilan carbone.
- Elle financera également le développement, pour les communes, les intercommunalités et les entreprises, y compris en zone rurale, de parcs de voitures partagées.
- Enfin, sur le modèle de ce qui a été mis en place dans la vallée de la Bruche, la Région identifiera les besoins en terme de minibus relais pour « rabattre » vers les gares TER les habitants des communes voisines non desservies par un transport en commun. Si le coût d’un minibus était rédhibitoire, d’autres formules de forte incitation au covoiturage pourront être mis en place afin d’encourager les automobilistes à véhiculer les personnes non motorisées vers les gares les plus proches.
OBJECTIF : réduire le transit des poids lourds
Bien que prévue depuis longtemps, la taxe poids lourds aujourd’hui en vigueur en Allemagne, n’existe toujours pas du côté français et continue de déverser sur nos routes l’ensemble du trafic nord-sud du Rhin supérieur. De plus, la traversée du massif vosgien par le tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines est hautement insatisfaisante du fait d’un tarif de traversée prohibitif. L’Alsace n’a pas vocation à devenir un couloir de fret routier.
- La Région appuiera la mise en œuvre rapide de la taxe « poids lourds » et se concertera avec le Bade-Wurtemberg pour partager les flux loyalement (jonctions routières plus régulières sur le Rhin entre les axes routiers allemands et français).
- Pour ce qui concerne le tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines, une nouvelle discussion avec le concessionnaire devra aboutir à une baisse sensible du montant du péage pour les poids lourds. Cette baisse sera accompagnée, en lien avec les autorités préfectorales, d’interdiction de traversée des cols voisins, sauf desserte locale bien évidemment.
- Pour toutes les nouvelles écotaxes qui devraient être mises en place à l’avenir, la Région plaidera en faveur d’un système de vases communicants bonus/malus. Les pollueurs payent pour les investissements écologiques directement associés. Par exemple, le péage des camions sur les autoroutes (un malus) permet de réduire le prix du billet de train des camions sur ligne ferroviaire, et devrait servir, en tout état de cause, à alimenter les fonds régionaux destinés aux grands travaux d’infrastructures nouvelles de transports collectifs de passagers et de marchandises. Tout péage considéré comme un malus doit servir directement à favoriser la solution écologique de rechange qui reçoit donc directement le bonus correspondant.
- Au sud de Strasbourg, près du pont Pflimlin, la Région étudiera et proposera une zone “Rail, Rhin, Route” qui créera un réseau transfrontalier de transport de marchandise appuyé sur une synergie entre le Pont Pflimlin, le rail et le transport fluvial. Strasbourg n’est en effet qu’à quelques jours par voie fluviale de Rotterdam. Cet emplacement est proche d’une zone de fret ferroviaire et se trouve à une vingtaine de minutes par route de l’aéroport d’Entzheim et de Baden/Baden. L’objectif de cette optimisation du pont Pflimlin sera la réduction du transit par Strasbourg et la route du Rhin.
OBJECTIFS : s’inscrire dans des schémas cohérents de développement d’infrastructures de transports
Bien que fort coûteuses, de nouvelles infrastructures de transports publics sont une obligation au regard des enjeux des 50 prochaines années en matière de mobilité sur la région. Beaucoup d’habitants ne pourront en effet plus supporter le coût d’un carburant toujours plus cher.
Les projets de transport ferroviaires auront notamment vocation à être financés par un redéploiement progressif de la majeure partie des budgets que les conseils généraux (et parfois même aussi la Région par des subventions d’équipement) allouent aux routes.
A terme, l’investissement routier, dont le volume aura été très fortement réduit, n’aura vocation qu’à entretenir ou à améliorer les routes existantes, sans en créer de nouvelles.
Par ailleurs le soutien à la réalisation et au développement de liaisons ferrées à grande vitesse devra bien évidemment être poursuivi pour conforter l’insertion de l’économie alsacienne en Europe, qu’il s’agisse des secondes phases des LGV Est européennes et Rhin – Rhône, des connexions avec le réseau allemand des ICE, comme du projet dit de « Magistrale » vers Budapest.
En première priorité, la Région achèvera les projets aujourd’hui en travaux des trams-trains Mulhouse – Thann – Kruth puis Strasbourg – Bruche – Piémont.
A un horizon de 10 à 20 ans, la Région, avec toutes les collectivités locales régionales, l’Etat, l’Europe et ses voisins allemands et suisses, programmera un plan d’investissement sur le réseau TER pour :
Mieux utiliser et moderniser les voies exploitées (en prévoyant leur électrification lorsqu’elle n’existe pas). Cela se traduirait par les projets suivants :
Le développement de trams trains là où la mise en place des lignes LGV Est Européenne (seconde phase) et Rhin-Rhône (première et seconde phases) libéreront des sillons sur les voies classiques :
- Tram train Mulhouse – Altkirch – Belfort
- Tram train Strasbourg – Mommenheim – Saverne (voir une autre branche vers Ingwiller – Kalhausen…)
- Tram train Strasbourg – Haguenau – 2 branches : l’une vers Wissembourg, l’autre vers Niederbronn
Prévoir le développement de liaisons de meilleure qualité (fréquence, cadencement…) ou le cas échéant de tram trains sur les axes :
- Strasbourg – Offenbourg
- Colmar – Munster – Metzeral
- Mulhouse – Mülheim – Fribourg-en-Brisgau
- Karlsruhe – Lauterbourg – Roeschwoog - Strasbourg
Remettre en service des voies aujourd’hui sans trafic TER en réinvestissant dans ces infrastructures délaissées ou interrompues :
- La ligne Rastadt - Haguenau (prolongeable vers Saverne via Bouxwiller)
- La ligne Colmar – Neuf-Brisach – Fribourg-en-Brisgau
- La ligne Colmar – Ensisheim
- Le raccordement à Bollwiller des liaisons vers Guebwiller et Ensisheim
Créer de nouvelles infrastructures :
- La desserte directe de l’aéroport de Bâle - Mulhouse depuis ces deux villes
- De nouvelles haltes ferroviaires dans les agglomérations connectées avec les tramways (sur les modèles des haltes Krimmeri et Hœnheim-Gare), par exemple au niveau de « Ducs d’Alsace » pour ouvrir au trafic TER la voie nord-sud qui coupe Cronenbourg et Koenigshoffen en lien avec les projets tram-train mentionnés plus haut.
- Une réutilisation TER du site des gares de marchandise de Cronenbourg (en lien avec par exemple un usage tram-train du « tunnel des Halles » en partie déjà fermé à la circulation automobile) et de Neudorf pour délester la Gare centrale de Strasbourg.
- Une seconde ligne ferroviaire nord-sud dédiée au fret et au ferroutage
- Un contournement ouest de Strasbourg en TER ou tram-train évitant la rupture de charge (changements) en gare de Strasbourg.
Elle interviendra aussi en expérimentant une compétence sur le fret ferroviaire (qui ne relève pas aujourd’hui des régions). Ses actions pourraient conduire à construire des infrastructures ferrées complémentaires permettant au fret de se développer :
- Dans les zones industrielles ou portuaires en soutenant la création des opérateurs de fret de proximité pouvant gérer le transport de marchandises à l’échelle du wagon.
- En renforçant, le cas échéant l’axe nord / sud : soit par l’adjonction de nouvelles voies accolées aux lignes actuelles, soit en créant une liaison le long du Rhin sur l’axe Strasbourg (port du Rhin), Neuf-Brisach, Fessenheim – Mulhouse ou Bâle.
Le transport fluvial :
- La Région proposera, dans le cadre de collaborations interinstitutionnelles et transfrontalières, l’augmentation du nombre de ports secondaires sur le Rhin qui favorisera les dessertes locales de marchandises et feront du Rhin un axe supplémentaire de délestement d’un trafic routier.
- La liaison fluviale entre le Rhin et la Saône, condition d’une jonction entre Rotterdam et Marseille, via un canal à grand gabarit, est délicate à envisager du fait d’un dénivelé important, et d’espaces naturels fortement menacés. La Région Alsace, en accord avec la Franche Comté, poursuivra toutefois l’examen de toutes les options possibles permettant de s’inscrire dans ce grand axe de communication Nord-Sud européen. Les grandes options techniques nécessiteront d’importantes études complémentaires et les partenariats financiers nécessaires sont à déterminer ; les Régions Alsace et Franche Comté feront du débat public programmé en 2012 dans le cadre de la loi du Grenelle de l’environnement un moment fort d’expression de leur objectif et de leur engagement.
OBJECTIF : limiter la dépense en direction des routes.
En pleine cohérence avec les objectifs du sommet de Copenhague, une réorientation des budgets transports alloués à la route doit permettre un plus important financement des alternatives à la route.
En conséquence de quoi la Région n’apportera son soutien à aucun projet de nouvelle route. Seul l’entretien et l’aménagement de routes existantes seront financés.
Dans cet esprit, la réponse à l’engorgement de l’A4-A35 à l’ouest de Strasbourg ne pourra avoir pour réponse la création d’un Grand contournement Ouest. Le GCO est une mauvaise réponse à un vrai problème. Ce vrai problème, ce sont les bouchons quotidiens. L’enjeu est de réduire de quelques 10% la circulation routière sur une portion de quelques 20 km au nord et au sud de Strasbourg, et ce pendant 2 heures le matin et le soir. Il n’y a pas une solution à ce problème, mais des solutions :
- Sur une portion de cet axe sur 20 km, ouverture d’une voie réservée aux véhicules contenant plus d’un passager
- Taxe « poids lourds » majorée sur cette portion entre 7h et 9h le matin et entre 17h et 19h le soir.
- Aménagements de voies de circulations annexes pour faciliter la circulation intra-urbaine
- Mise en place d’une liaison bus rapide, empruntant éventuellement les nouvelles voies réservées sur autoroute, rejoignant Ostwald à Vendenheim
- Soutenir l’idée d’un péage urbain pour l’entrée dans Strasbourg. L’entrée serait payante juste après les parkings relais tram les plus proches du centre-ville. La Région, bien qu’ayant peu voix au chapitre peut toutefois proposer une table ronde à ce sujet et aider au financement de toute étude qui voudrait avancer sur cette idée.
OBJECTIF : augmenter la part de voitures « propres » en circulation en Alsace
- Soutien régional aux particuliers pour l’achat de voitures hybrides ou électriques ou roulant avec des substituts de carburants pétroliers (agro carburants issus des déchets végétaux ou des algues - et non issus des cultures normalement destinées à la consommation humaine ou animale).
- Soutien aux équipements de stations d’échange des batteries des voitures électriques ou hybrides qui fonctionneront sur le principe de batteries interchangeables.
- Soutien aux équipements, sur les parkings (notamment les parkings relais), de bornes de prises électriques payantes pour recharger les batteries des voitures électriques ou hybrides qui fonctionneront sur le principe de batteries rechargeables.
OBJECTIF : favoriser des formes de travail réduisant les déplacements
- La Région soutiendra certaines formes nouvelles dans l’organisation du travail afin de favoriser des mobilités domicile travail économes en « carbone ». Ainsi, elle appuiera toute initiative d’entreprise qui favorisera la réorganisation des horaires afin de permettre des horaires décalés pour tous les métiers non tenus à des horaires dits « de bureaux » qui sont ceux qui expliquent les engorgements routiers.
- Elle appuiera également les entreprises qui favoriseront le télétravail sur tout ou partie des missions de certains salariés. La Région appliquera à ses agents ces deux préconisations et proposera aux autres collectivités territoriales et structures publiques, notamment celles disposant d’un volant important d’agents, d’y avoir recours également. La construction, en zone éloignée des grands bassins d’emploi, de maisons partagées d’entreprises, permettra d’installer des bureaux décentralisés offrant aux entreprises et à leurs employés de travailler à distance l’un de l’autre. Ces bureaux partagés, confortables, investissant si possible des friches ou des centre bourgs, seront dotés par la Région de connexions internet à Haut débit.
- La Région apportera également un soutien technique et financier aux entreprises ou collectivités ayant recours, pour leurs réunions, aux visioconférences.
OBJECTIF : partager le trafic aérien entre les 4 aéroports du Rhin Supérieur
- Pour ce qui concerne l’aéroport, le rapport du CESA relatif à cette question émet des préconisations justes et mesurées. C’est par ailleurs à l’échelle du bassin rhénan que doivent se raisonner les déplacements aériens avec un juste et équilibré partage des vols intégrant des liaisons rapides entre les aéroports et les gares TGV. Il n’est en effet pas judicieux, pour un bassin de population de quelques 6 millions d’habitants d’avoir 4 aéroports (dont 3 d’importance) qui ont peu de coordination entre eux, coordination d’autant plus nécessaire qu’elle devra s’articuler en complémentarité d’un réseau TGV en développement sur le Rhin supérieur. Cette discussion devra s’opérer sous la forme de table ronde interinstitutionnelle, tri nationale, et en présence des institutions internationales présentes dans le Rhin Supérieur et des compagnies aériennes. La Région favorisera la création d’une autorité de gestion, société ou établissement public en charge de l’exploitation conjointe et combinée de plusieurs plates-formes aéroportuaires à partir des gestionnaires actuels.
- Comme cela a été fait à Entzheim récemment, les autres plates-formes aéroportuaires devront être directement connectées au réseau ferroviaire.
OBJECTIF : Généralisation de l’internet très haut-débit dans toute l’Alsace :
La Région investira pour que l’accès de tous les citoyens Alsaciens à l’internet très haut-débit puisse se faire dans un horizon de 5 ans




