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À une semaine du premier tour des élections, Philippe Richert, Jacques Bigot, Jacques Fernique, Patrick Binder et Yann Wehrling ont participé, hier, à une émission spéciale retransmise sur France 3 Alsace et sur France Bleu, pour analyser le sondage TNS-Sofres que nous avons publié hier et confronter leurs positions sur les enjeux régionaux. Extraits et morceaux choisis.
Ils se suivent, mais ne se ressemblent pas. « Les sondages, c’est comme la chanson, ça s’en va et ça revient, c’est fait de tout petits riens », a dit avec humour Yann Wehrling, tête de liste MoDem, en commentant les résultats du dernier sondage TNS-Sofres (lire L’Alsace d’hier) qui ont suscité des réactions diverses.
Philippe Richert (Majorité Alsacienne), qui est arrivé en tête des intentions de vote : « C’est une évolution satisfaisante, mais lorsqu’on voit le nombre d’Alsaciens qui ne sont pas intéressés par cette élection, c’est une préoccupation. Nous devons mobiliser. »
Possibilité d’alternance
Jacques Bigot (Parti socialiste), évoquant le précédent sondage CSA le donnant gagnant : « Un sondage en chasse un autre. Je sens qu’il y a une véritable possibilité d’alternance en Alsace, surtout en regard de la situation de l’emploi et de l’économie. »
Jacques Fernique (Europe Écologie) : « C’est comme le dérèglement climatique, un sondage nous a donnés gagnants. On a cru que le printemps écologique était plié. Mais les rigueurs de l’hiver sont encore là. Je reste serein. Nous allons mettre le paquet et l’Alsace sera au rendez-vous de l’écologie. »
Patrick Binder (Front National) : « Ce n’est pas le sondage de la rue. Philippe Richert essaie de surfer sur le bilan d’Adrien Zeller, mais il ne voit pas l’explosion de l’insécurité sociale et du chômage. »
Yann Wehrling (MoDem), en montrant le dessin d’une petite Alsacienne qui rame : « J’intègre le fait que demain, je ne serai pas président de la Région. Mais, comme les Alsaciens, nous essayons de remonter la pente. Le « Centre » parle aux Alsaciens qui ont envie de consensus. Il nous reste une marge de manœuvre importante. »
Après le 14 mars.
Après le premier tour, dimanche prochain, quelles seront les alliances et les reports de voix ?
Ph. R. : « Tous les écologistes ne se reconnaissent pas dans la gauche. Nous sommes prêts à travailler avec tous ceux qui se reconnaissent dans notre projet : les centristes, les indépendantistes, les abstentionnistes… »
« Sortir de l’écologie des petits pas »
J. F. : « Europe Écologie s’adresse à tous. Nous voulons sortir de l’écologie des petits pas, il faut de vrais changements, une écologie en responsabilité. Nous avons réussi à rassembler les Verts et les écologistes, la convergence majoritaire se fera. »
J. B. : « Avec Europe Écologie, nous construirons une liste que je peux conduire, sans problème, dans l’intérêt de l’Alsace. J’ai mené un travail écologiste remarquable dans ma propre ville… »
Y. W. : « Je mène une liste centriste, écologiste et régionaliste, en dehors des clivages traditionnels. Je veux une majorité alsacienne qui ne tombe pas dans l’escarcelle d’un parti qui, à l’issue des résultats, va fanfaronner. Nous voulons une majorité qui respecte l’esprit des Alsaciens et ne pas recevoir d’ordre d’ailleurs. »
« La taxe poids lourds, l’Alsacienne » Les transports.
P. B. : « Nous vivons dans une petite région où la surface arable se réduit. Plus de ferroviaire, oui, mais il faut des limites. Je suis favorable à la reconversion des bus au biogaz et opposé à la taxe poids lourds. »
Ph. R. : « Nous avons multiplié par deux le nombre de TER, par trois le nombre d’usagers, on peut encore faire mieux. Si on veut développer le fret au niveau du rail, il nous faut la 2 e phase TGV Est. C’est heureusement signé. »
J. B. : « A Strasbourg, nous avons réussi à faire baisser la présence de 50 % de la voiture grâce au tram. Nous sommes favorables à un Schéma régional des transports — ce que la majorité sortante a refusé — qui est capital pour intégrer les questions relatives à l’aéroport. »
J. F. : (en évoquant le Grand contournement ouest et le faible impact, selon lui, du projet sur l’engorgement aux abords de Strasbourg) : « Il y a un manque de cohérence et d’anticipation. On ne peut pas continuer comme cela. Pour la taxe poids lourds, ça va bientôt devenir l’Alsacienne ! Il faut augmenter le cadencement des TER qui sont saturés, rouvrir des lignes qui ont été fermées, opérer des changements qualitatifs sur les gares. »
Y. W. : « Les réponses sont parfois la suite de « petites solutions », comme un meilleur accès aux gares pour favoriser l’usage des transports en commun. »
Faute de temps, les échanges se sont focalisés sur les résultats du dernier sondage et les stratégies à l’issue du premier tour, escamotant un sujet de premier ordre : l’économie et l’emploi.
Recueilli par Valérie Bapt
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