
REGIONALES - Yann Wehrling, Strasbourgeois de 38 ans conduit la liste du MoDem aux élections régionales…
L’ex-secrétaire national des Verts, Yann Wehrling, conduit la liste du MoDem.
Les gens reprochent parfois le fait que notre chef de file, François Bayrou, pense à la présidentielle. Or, dans cette campagne, j’ai le sentiment que nous sommes les seuls à ne pas le faire. Les autres partis se demandent combien de régions ils vont gagner ou perdre à deux ans de l’élection du président de la République. Mais les Alsaciens ne veulent pas que leur région serve de curseur pour les grands partis. Les clivages, ils n’en ont rien à faire. Ils sont en revanche très attachés à la politique, au régionalisme, au centrisme et à l’avenir de la planète.
C’est clair, je ne serai pas le nouveau président du conseil régional d’Alsace. En revanche, notre score sera assez important pour que les autres regardent ce que nous avons à apporter.
Si vous obtenez un score de 5%, envisagez-vous de fusionner avec une liste ? Dans le cas contraire, à appeler à voter pour l’une d’elles?
Nous discuterons avec tout le monde. Nous avons fait une liste centriste, écologiste et régionaliste. Cela veut dire que la majorité qui dirigera la région devra être comme nous. Nous la tirerons vers la modération, vers une écologie réaliste et pratique, et vers plus d’indépendance par rapport à l’Etat. Nous voulons plus de décentralisation, plus de place pour la culture et la langue régionale. Par exemple, nous voulons expérimenter le bilinguisme à l’école, c’est-à-dire un enseignement des programmes de l’Education nationale en français et en allemand. Cela sera un plus dans la formation des jeunes.
Les Verts vous ont exclu en 2008, à la suite de votre présence sur une liste MoDem aux municipales. Est-il possible de travailler avec eux?
En politique, il faut mettre ce genre d’aspect de côté. Le fond doit passer avant le reste. Il faut arrêter de contracter des mariages entre amis et, au contraire, raisonner sur des projets. Je me sens, par exemple, proche d’Antoine Waechter, qui figure sur la liste Europe Ecologie Alsace, mais qui n’en est pas le chef de file. Il a quitté les Verts, j’y suis resté avec un positionnement centriste quand d’autres étaient à la gauche de la gauche. Ils n’ont pas changé de ligne, la majorité est toujours très à gauche, ce qui ne les rend néanmoins pas infréquentables.
Quelle mesure instaureriez-vous en premier si vous dirigiez la région?
Compte tenu du faible budget de la région, une fois couvertes les dépenses impondérables comme celles du TER, il faut trouver de nouvelles marges de manœuvre. Je suis pour la création d’une banque régionale d’investissement public pour le développement durable. Elle permettrait de mobiliser l’épargne des Alsaciens, plutôt que de la laisser à des banques qui font du boursicotage, avec les conséquences que nous connaissons. L’épargne captée servirait uniquement à des investissements dans la région. Il y a des millions d’euros qui dorment dans les banques, il faut les débloquer.




