La région fait-elle assez pour faciliter les transferts de technologies des Universités vers les PMI innovantes ?

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En France, et contrairement à l’Allemagne, l’industrie et la recherche ont du mal à se parler. Ce sont souvent deux mondes qui s’ignorent. En Allemagne, il est courant que les enseignants facturent au monde de l’entreprise des services ponctuels, peu en relation avec leur recherches du moment, mais à très hautes retombées économiques pour l’industrie. Tout le monde y gagne : l’entreprise qui voit son problème résolu, l’enseignant qui augmente de façon importante le budget recherche de son laboratoire et de son école. Cette approche, bien qu’engagée, doit impérativement être développée.

Plus globalement, nous savons que nos économies doivent aujourd’hui moins se fonder sur les matières premières (de plus en plus rares, donc de plus en plus chères, et dont l’extraction pose de plus en plus de problèmes écologiques). L’avenir est à une économie basée sur la matière grise, à savoir l’innovation, la recherche, et les applications commerciales qui en découlent. Ce sont les applications de ces innovations qui nous permettront, collectivement, de construire une économie durable qui sache exploiter les matières premières essentielles (alimentation, constructions, véhicules, objets de la vie courante) de manière durable.

Dans bien des domaines, nous voyons se développer à travers le monde des innovations porteuses d’espoir pour des créations de richesses nouvelles. Partant des potentiels humains et naturels existants dans notre Région et aussi des pôles de compétitivité présents sur notre territoire[1], nous devons investir dans l’innovation et les expérimentations qui pourront faire de notre région un haut lieu pour les pôles de recherche et d’innovation. Cet investissement est un pari sur l’avenir que nous nous devons de faire pour créer les richesses et l’emploi de demain.

- Ainsi nous poursuivrons le soutien au pôle de compétitivité «Innovations thérapeutique » déjà labellisé pôle de dimension mondiale qui est porté par le cluster « Alsace Biovalley ».

- Nous serons plus présents aux côtés du pôle « Véhicule du Futur », particulièrement intéressant pour l’économie du futur. Appuyé sur des entreprises telles que Lohr au nord de l’Alsace, un autre pôle d’excellence, complémentaire, pourrait s’envisager autour du « transport des marchandises ».

- De la même manière, la Région sera présente au côté du pôle « Vitae » (biopôle de Colmar) qui est en développement actuel et qui répondra particulièrement bien aux enjeux de la chimie agricole écologique.

- Les essais dans le Nord de l’Alsace de la géothermie constituent de fait un pôle technologique et économique d’avenir sur la géothermie en basse profondeur utilisant des sources naturelles d’eau chaude que l’Alsace et ses voisins peuvent soutenir.

- Les besoins en nouveaux carburants conduiront la Région à appuyer et initier des productions régionales de carburants d’origine végétale issue des déchets agricoles et alimentaires (biogaz issue de la méthanisation) ou issue de plantes très énergétiques et peu consommatrices de terres arables (algues[2]).

- Le savoir-faire industriel de la grande région en matière de métallurgie, de mécanique ou de motorisation (automobile notamment, mais aussi turbines à Belfort ou ferroviaire), d’énergie solaire (à Fribourg-en-Brisgau) pourrait être mise à profit pour développer de puissantes filières industrielles de turbines hydro-électriques ou de panneaux solaires.

Outre ce soutien aux pôles de compétitivité alsaciens la Région devra appuyer la recherche de synergies de ses potentiels avec d’autres pôles de compétitivité dans une stratégie de développement de pôles à vocation mondiale (ex : Biovalley et Lyon Biopôle).


[1] Il existe de nombreux pôles de compétitivité dont certains sont en création. Nous en approuvons le principe de manière générale et nous serons particulièrement attentifs à leurs travaux, objectifs, et applications commerciales possibles dans notre Région.

[2] La culture des algues dans un but énergétique concerne non pas des algues classiques cultivées en milieu marin mais des micro algues qui sont cultivées hors sol.